L.Be. Publié le samedi 04 janvier 2014 à 05h40 - Mis à jour le samedi 04 janvier 2014 à 08h46
L’ULg a étudié les habiletés prédisposant à apprendre les langues.

Entre 2006-2007 et 2011-2012, le nombre d’élèves inscrits dans l’enseignement secondaire en immersion (néerlandais, anglais ou allemand) a pratiquement triplé, passant de 3. 300 à 9.853 élèves, selon les Indicateurs 2013 de l’enseignement. Au niveau du fondamental (maternel et primaire), les effectifs ont gonflé de 7. 553 élèves en 2006-2007 à 14.455 en 2010-2011, selon les Indicateurs 2012.

De plus en plus de parents choisissent donc d’inscrire leur enfant en immersion afin qu’il soit, dès le plus jeune âge, en contact avec une langue étrangère, surtout le néerlandais.
"À l’heure actuelle, il est bien démontré que plus tôt on apprend une langue, mieux on la maîtrise, indique Martine Poncelet, responsable de l’Unité de neuropsychologie du langage et des apprentissages au sein du département des sciences cognitives de l’Université de Liège (ULg). D’ailleurs, en général, les très bons bilingues, ce qu’on appelle des bilingues précoces, ont appris les langues très rapidement."

Si aujourd’hui il y a de multiples façons d’apprendre une seconde langue, "pour moi, la plus favorable, c’est l’immersion (il y a d’ailleurs vraiment trop peu d’écoles en immersion, surtout en anglais)", affirme Mme Poncelet. Et plus particulièrement l’immersion bilingue scolaire précoce, c’est-à-dire les enfants qui apprennent à l’école deux langues en même temps dès 3 ans.
Depuis un certain nombre d’années, l’ULg mène des recherches sur l’immersion bilingue scolaire précoce. "Nous défendons l’idée que tout enfant a droit à ce type d’enseignement, déclare la chercheuse. Les enfants qui sont un peu plus en difficulté doivent être aidés davantage, tout comme on les aide dans un enseignement non immersif."

"Au départ de l’immersion, reprend-elle, on avait tendance à n’y mettre que les très bons élèves - les enfants qui avaient appris à parler très facilement, se montraient doués en raisonnements, etc. - ou ceux dont les parents parlaient déjà une autre langue, étaient d’un niveau socio-économique plus aisé, etc. Aujourd’hui, ça n’est plus vrai et c’est très bien comme ça."

Diverses études ont en effet montré que "même des enfants qui pouvaient avoir certaines difficultés d’apprentissage (dysphasie, dyslexie,…) - qui en tout cas ne les prédisposent pas à réussir en immersion - s’en sortent quand même", relaye Mme Poncelet.